BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
zoologie
210
MAI-JUIN 1975
N ’ 300
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Borst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre —- Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1975
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’IUSTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 300, mai-juin 1975, Zoologie 210
SOMMAIRE
G. Cherbonnier et A. Guille. — Echinodermes récoltés aux îles Kerguelen.... 603
G. Cherbonnier. — Note sur la présence, dans le golfe de Guinée, de l’Holothurie
Aspidochirote Stichopus hadionotus Selenka (= St. mandatas Greef). 631
— Sur la présence, à Madagascar, de l’Astérie Mithrodia gigas Mortensen. 639
300, 1
Échinodermes récoltés aux îles Kerguelen
par Gustave Ciierbonnier et Alain Guille
Résumé. 24 espèces d’Échinodermes littoraux ont été récoltées par P. Grua, en plongée
en scaphandre autonome, dans la haie du Morbihan (archipel de Kerguelen). Celles-ci sont réparties
en 2 Échinides, 4 Holothurides dont une forme nouvelle, Pseudopsolus macquariensis forma gruai,
14 Astérides et 4 Ophiurides. P'usieurs de ces espèces n’avaient pas été revues depuis leur descrip¬
tion originale, ou étaient inconnues de Kerguelen.
Abstract. — 24 Echinoderm species from the littoral were collected by P. Grua, in diving,
in bay of Morbihan (Kerguelen archipelago). These species include 2 echinids, 4 holothurians
among which a new form, Pseudopsolus macquariensis forma gruai, 14 asterids and 4 ophiurids.
Many of them had never been found since they were first described or were unknown from Ker¬
guelen.
Les Échinodermes récoltés aux îles Kerguelen par P. Grua, en décembre 1961 et jan¬
vier 1962, comprennent 24 espèces se répartissant en 4 Holothurides, 2 Échinides, 14 Asté¬
rides et 4 Ophiurides, dont on trouvera la liste ci-dessous. La grande majorité de ces espèces
a été récoltée en plongée en scaphandre autonome, entre 1 et 15 m de profondeur et à moins
de 100 m de la côte ; quelques dragages ont été elfectués par des fonds d’au plus 40 m.
La liste des stations et leurs caractéristiques ont été publiées par P. Grua, en 1971, dans
le volume n° 30 du Comité national français des Recherches Antarctiques ; elles sont toutes
situées dans les parties nord et ouest du golfe du Morbihan, sauf celle proche de Pilot
Buchanan, en mer ouverte, à l’entrée sud de la Passe Royale.
Les Échinodermes des îles Kerguelen sont essentiellement connus par les travaux de-
Verrill (1876), Smith (1876, 1879), Lyman (1882), Sladen (1889) et surtout Koehlek
(1917). Ce dernier auteur travaillait sur du matériel rapporté par Rallier du Baty à la
suite de son séjour en 1913-1914. Depuis, aucun résultat de nouvelles prospections n’avait
été apporté de cette partie du monde, d’où l’intérêt particulier des récoltes de P. Grija.
Grâce à l’installation d’une base permanente des Terres Australes et Antarctiques Fran¬
çaises et à l’envoi de nombreux chercheurs, le développement des recherches scientifiques
s’est considérablement accru, notamment dans le domaine marin. Ainsi, de nombreux
dragages, chalutages et plongées en scaphandre autonome permettront dans un proche
avenir de compléter nos connaissances sur la faune des Échinodermes de cette région.
En effet, bien des espèces n’avaient pas été retrouvées depuis leur description originale
et leur liste s’accroîtra certainement par la découverte de formes nouvelles pour la Science
ou pour la région des îles Kerguelen.
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire naturelle,
55, rue de Buf/on, 75005 Paris.
604
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
Liste des espèces
Échinides
Echinidae
Schizasteridae
Holothurides
Cucuraariidae
Molpadidae
Sterechinus diadema (Studer)
Abatus cordatus (Verrill)
Pseudopsolus macquariensis forma gruai nov.
Stereoderma laevigata (Verrill)
Trachythyone ekmani (Ludwig et Heding)
Eumolpadia violacea (Studer)
Astérides
Astropectinidae
Odontasteridae
Ganeriidae
Asterinidae
Poraniidae
Echinasteridae
Pterasteridae
Coseinasteriinae et Asteriinae
Leptychaster kerguelenensis kerguelenensis Smith
Odontaster meridionalis (Smith)
Acodontaster elongatus elongatus (Sladen)
Perknaster fuscus Sladen
Asterina frigida Koehler
Porania antarctica Smith
Rhopiella hirsuta (Koehler)
Henricia spinulifera (Smith)
Pteraster affinis lebruni Perrier
Diplasterias kerguelensis (Koehler)
Diplasterias meridionalis (Perrier)
Smilasterias scalprifera (Sladen)
Anasterias perrieri (Smith)
Anasterias rupicola (Verrill)
Ophiurides
Ophiacanthidae Ophiacantha vivipara Ljungmann
Ophiuridae Ophiuroglypha ambigua (Lyman)
Ophiuroglypha brevispina (Smith)
Ophionotus hexactis (Smith)
La première partie de ce travail, sur les Holothurides et Échinides, est due à G. Cher-
bonnier, la seconde, sur les Astérides et Ophiurides, à A. Guille.
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
605
I. HOLOTHURIDES ET ÉCIIINIDES
La petite collection d’Holothurides et d’Échinides rapportée par M. Grua renferme
des espèces déjà bien connues des îles Kerguelen, certaines étant réputées endémiques,
d’autres à vaste répartition géographique dans les eaux subantarctiques. Cependant, une
Holothurie appartient à une nouvelle forme d’une espèce littorale connue uniquement
jusqu’ici de l’île Macquarie.
HOLOTHURIOIDEA
Ordre Dendrochirotida
Famille Cucumariidae
Sous-famille Cucumariinae
Pseudopsolus macquariensis forma gruai nov.
(PI. I, D ; fig. 1, a-o)
Origine : Nord de la pointe du Harem, st. 20 a, prof. 1 m, 29-1-1963, 16 ex.
Description
Les spécimens se répartissent en deux lots : l’un de huit exemplaires, mesurant de 11
à 19 mm, brun rougeâtre ventralement, un peu plus clairs et parsemés de taches brunes
dorsalement ; l’autre, également de huit spécimens, ayant de 3 à 7 mm de long, de couleur
uniformément marron clair.
Les grands exemplaires ont une forme cylindrique ou en concombre, avec la partie
centrale très renflée et la partie anale légèrement amincie (pl. I, D). Le tégument, lisse
sur sa moitié antérieure, est fortement plissé transversalement sur sa moitié inférieure ;
il est épais ventralement, très mince et translucide dorsalement. Un introvert à parois fines
est séparé du corps proprement dit par un profond sillon circulaire. Les podia ventraux
sont disposés, sur chaque radius, en deux rangs alternant, plus nombreux et serrés sur le
radius ventral médian que sur les radius latéraux ; ils sont très gros, longs, terminés par
une ventouse non soutenue par un disque calcaire, et forment une pseudo-sole ne rappelant
que de loin la sole ventrale des Psolidae. Il n’existe aucun podion sur la face dorsale, sauf
606
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
chez deux exemplaires où un petit podion filiforme est situé au milieu du radius droit.
Les radius ventraux et dorsaux se terminent tous, antérieurement, soit par un podion
situé juste au-dessous du sillon de l’introvert, soit par deux podia disposés de part et d’autre
de ce sillon.
Dix tentacules marron clair, très touffus, de taille égale. La bouche, terminale, s’ouvre
au centre d’un vaste péristome ; elle est suivie d’un estomac globuleux et d’un très gros
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
607
intestin qui débouche dans un petit cloaque s’ouvrant à l’extérieur par un anus soit termi¬
nal, soit subdorsal, dépourvu de dents. La couronne calcaire, très petite mais bien calcifiée,
est faite de cinq radiales et de cinq interradiales triangulaires, celles-ci plus petites que celles-
là ; le bord postérieur est simplement onduleux (fig. 1, j). Quatre à cinq vésicules de Poli
sont appendues à l'anneau oral, une dans chaque interradius. L'unique petit canal hydro-
phore se termine par un madréporite peu ou pas calcifié (fig. 1, o). Muscles rétracteurs
très fins s’attachant, vers le milieu du corps, à des muscles longitudinaux larges et minces.
Gonades hermaphrodites, formées de quatre à cinq gros tubes mâles, de couleur blanche,
et d’une dizaine de tubes très fins, simples et longs, où se trouvent quelques œufs de moins
d’un micron de diamètre ; le canal génital s’ouvre entre les deux tentacules dorsaux médians
à l’extrémité d’une papille bien développée. Les poumons atteignent presque la longueur
du corps; ils sont formés d’un tronc principal où s’échelonnent des touffes rapprochées de 4
à 6 tubes gros et courts.
Les petits exemplaires diffèrent des gros échantillons par leur tégument non plissé,
les podia ventraux latéraux disposés sur un seul rang, et l’absence totale de podia à proxi¬
mité de l’introvert. La morphologie interne est semblable, sauf que les gonades sont peu
ou pas développées.
Spiculés : Les spiculés, très nombreux et qui se voient nettement par transparence
à travers le tégument dorsal, se composent uniquement de plaques ; celles du tégument
ventral sont allongées, à bords dentelés, percées de nombreux trous inégaux et couvertes
de nombreuses protubérances (fig. 1, b, e, g) ; d’autres portent, au centre, une sorte d'apo¬
physe, esquisse peut-être d’une flèche (fig. 1, f) ; quelques-unes, bien plus grandes, plus
perforées et noduleuses, sont souvent pourvues d’une formation noduleuse située au sommet
d’un pédoncule (fig. 1, c) ; quelques plaques sont en voie de formation (fig. 1, h). Les parois
des podia renferment des spiculés identiques à ceux du tégument, mais leur ventouse n’est
soutenue par aucun disque calcaire, aussi réduit soit-il. Les plaques du tégument dorsal
sont généralement plus simples, moins noduleuses (fig. 1, i, k, 1, m, n), bien qu’on rencontre
de rares spiculés de la forme c. Les plaques des tentacules, très nombreuses, sont généra¬
lement lisses (fig. 1, d) ; les plus développées portent une sorte de fin polygone central,
terminé par une plate-forme subcirculaire (fig. 1, a).
Observations
Cette nouvelle forme est très proche de Pseudopsolus macquariensis (Dendy) trouvé
jusqu’ici, avec certitude, uniquement à Fîle Macquarie : face dorsale sans podia sauf la
présence d’un seul à la base de l’introvert ; même répartition des podia ventraux, tenta¬
cules semblables ; morphologie interne identique, gonades hermaphrodites. Mais Ps. macqua¬
riensis n’a de spiculés ni dans les tentacules, ni dans les podia ou dans le tégument ventral ;
il n’en existe parfois que quelques unités très dispersées dans le tégument dorsal, et se pré¬
sentent comme des plaques perforées, allongées, lisses ou noduleuses, construites sur le
même type que celles de gruai. Les exemplaires décrits par Dendy, Bell, Dawbin, Heding,
Ludwig, Moiitensen, ainsi que les 70 exemplaires étudiés par Pawson présentant tous
les mêmes caractéristiques, notamment l’absence quasi totale de spiculés ; j’ai considéré
608
GUSTAVE CHERBONNIER ET AI,AIN GUILLE
que la présence en abondance de ceux-ci dans toutes les parties du corps de mes spécimens
était suilisante pour séparer les exemplaires de l’île Macquarie de ceux des îles Kerguelen.
Celles-ci étant distantes de l’île Macquarie de plus de 2500 miles, sans îlots intermédiaires,
il est probable que l’on se trouve en présence d’une race écologique évoluant dans des con¬
ditions particulières du milieu.
Les remarques faites sur cette forme gruai amènent à modifier ainsi qu’il suit la diag¬
nose du genre PseucLopsolus, telle qu’elle avait été établie par Ludwig.
Pseudopsolus Ludwig, 1898
Espèce de petite taille, ayant dix gros tentacules touffus de taille égale. Podia répartis
sur les radius ventraux et formant une pseudo-sole. Radius dorsaux sans podia ou n’en
ayant chacun qu’un ou deux vers le milieu du corps. Présence, chez les adultes et dans chaque
radius, d’un ou de deux gros podia situés au-dessous ou de part et d’autre du sillon sépa¬
rant l’introvert du corps proprement dit. Spiculés très rares ou nombreux, sous forme de
plaques lisses ou noduleuses, présents uniquement dans le tégument dorsal ou aussi dans
les tentacules, les podia et les téguments ventral et dorsal. Quatre vésicules de Poli. Un canal
hydrophore. Hermaphrodites.
Espèce-type : Psolus macquarie ns is (Dendy, 1896).
Pseudopsolus ferrari Ludwig ne peut, comme le suggère Pawson (1968), être rangé
dans ce genre, mais bien plutôt dans le genre Cucumaria.
Stereoderma laevigata (Verrill)
Synonymie
Pentactella laevigata Verrill, 1876 : 68.
Pseudocnus laevigatus, Panning, 1963 : 71 ; Pawson, 1968 : 145, fig. 2-11.
Stereoderma laevigata, Panning, 1949 : 422 ; Pawson, 1964 : 457.
Origine
St. 1, 27-X11-1962, nord-est de l'anse du Paelia, 0,50 ni, 1 ex. ; st. 2, 27-XIJ-1962, est de
l’îlot Channer, 2 ex. ; st. 6, 3-1-1963, est de la pointe Mulloy, 1 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, mouil¬
lage de Port-aux-Français, 10-15 m, 1 ex. ; st. 8, 7-1-1963, nord de l’îlot Channer, 1 m, 1 ex. ; st. I c,
8-1-1963, sud-ouest mouillage de Port-aux-Français, 25-40 m, sédiment noir, 1 ex. ; st. 10, 9-1-1963,
nord de l’îlot Channer, 7 m, 10 ex. ; st. 11, presqu’île après Molloy, 15 m, 1 ex. ; st. 13 a, 13 b, 13 c,
14-1-1963, sud-est de l’île du Chat, 15 m, 13 ex. ; st. 16 a, 16 b, 18-1-1963, nord de l’île Buchanan,
15 m, 2 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est de l’île Haute, 1 m, 4 ex. ; st. 20 a, 29-1-1963, pointe du Harem,
1 m, 1 ex. ; 29-1-1903, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, 4 ex.
Cette espèce, représentée ici par 43 exemplaires, a été fort bien décrite par de nombreux
auteurs. Elle est connue des côtes sud-américaines, des îles Falkland, Kerguelen, Marion,
Crozet. Sa présence en zone antarctique, signalée par Bell, n’a jamais été confirmée depuis.
ÉCIIINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
609
Sous-famille Colochirinae
Trachythyone ekmani (Ludwig et Heding)
Synonymie
Cucumaria ( Semperia) ekmani Ludwig et Heding, 1935 : 186, fig. 44-45.
Origine
St. 1, 31-XII-1962, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, sur fond de vase noire, 1 ex.
L’unique exemplaire, de couleur blanche, mesure environ 35 mm de long. Il correspond
exactement à la description de Ludwig et Heding. Cette espèce est très proche de T.
parva Ludwig et on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une race écologique de celle-ci.
N’ayant, qu’un seul spécimen en ma possession, il ne m’est pas possible de me prononcer.
Mais une prospection systématique, actuellement en cours, des côtes et des fonds des Ker¬
guelen, permettra peut-être de résoudre ce problème.
Ordre MOLPADIDA
Famille Molpadiidae
Eumolpadia violacea (Studer)
Synonymie
Molpadia violacea Studer, 1876 : 454.
Eumolpadia violacea, Heding, 1936 : 41, fig. VIII, 7-10 ; pl. V, fig. 10 ; pl. VII, fig. 3 ; pl. VII 1,
fig. 4.
Origine
St. 1, 31-XII-1963, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, vase noire, 1 ex.
Cette espèce n’a été trouvée jusqu’ici, parfois en abondance, qu’aux îles Kerguelen.
300, 2
610
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
ECHINOIDEA
Ordre CAMARODONTA
Sous-ordre Echinina
Famille Echinidae
Sterechinus diadema (Studer)
Synonymie
Echinus diadema Studer, 1876 : 456.
Sterechinus diadema, Mortensen, 1943 : 102, pl. 13, fîg. 3-4 ; pl. 19, fig. 1-5 ; pl. 20, fîg. 4-5 ; pl. 56,
fïg. 1-3.
Origine
St. 5, 31-XII-1962, nord-ouest de l’île aux Moules, 15 m, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est
de l’île du Chat, 15 m, 1 ex.; st. III a, 29-1-1963, mouillage de Port-aux-Français, 25 m, 2 ex.
Des trois exemplaires, deux sont brisés en de nombreux morceaux. Celui en bon état
mesure 45 mm de haut et 70 mm de diamètre.
Sterechinus diadema, très commun aux îles Kerguelen, existe aussi probablement aux
îles Marion, Crozet et Heard. Cette espèce, surtout littorale, peut descendre jusqu’à une
profondeur de 600 m.
Ordre SPATANGOIDA
Famille Schizasteridae
Abatus cordatus (Verrill)
Synonymie
Hemiaster cordatus Verrill, 1876 : 69.
Abatus cordatus, Mortensen, 1951 : 257.
Origine
St. V a, 13-1-1963, Port-aux-Français, dragage sur fonds d’algues par 10-15 m, 3 ex. ; st. V,
8-1-1963, sud-ouest mouillage Port-aux-Français, 2 ex. ; st. 14, 15-1-1963, anse de St-Malo, 1 m,
5 ex. ; st. III a, 23-1-1963, mouillage de Port-aux-Français, sable, vase, roche, 25 m, 2 ex. ; st. 18,
23-1-1963, est de l’île Haute, 1 m, 8 ex. ; st. 20 c et 20 d, 23-1-1963, nord de la pointe du Harem,
4 m, 3 ex.
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
611
Cette espèce, dont l’aire de répartition semble limitée aux îles Kerguelen, a été souvent
décrite et il n’y a pas lieu d’y revenir. Signalons simplement que les 23 spécimens se répar¬
tissent en 16 mâles et 7 femelles ; aucun jeune n’a été trouvé dans les pétales creusés de
celles-ci.
II. ASTÉRIDES ET OPHIURIDES
ASTÉRIDES
La collection d’Astérides récoltées par P. Grua lors de ses plongées en scaphandre
autonome le long du littoral du golfe du Morbihan est d’un grand intérêt. Elle ne comporte
pas moins de 15 espèces alors que Clark (1962) recense seulement 26 espèces d’Etoiles de
mer littorales et profondes des côtes de l’archipel de Kerguelen. Ce nombre est donc remar¬
quable si l’on tient compte, par ailleurs, de la faible étendue de la zone prospectée et de,
la technique de récolte employée. Parmi ces espèces, deux sont en outre nouvelles pour
l’archipel de Kerguelen, Pteraster uffinis lebruni et Smilasterias scalprifera. La récolte
de plusieurs autres espèces, parfois pour la première fois depuis leur description ou depuis
près de 50 ans, permet d’utiles précisions quant à leur morphologie et leur position systé¬
matique.
Famille Astropectinidae
Letpychaster kerguelenensis kerguelenensis Smith
Synonymie
Leptychasler kerguelenensis E. A. Smith, 1876 : 110.
Archaster excavatus W. Thomson, 1876 : 72, fig. 10.
Leptoptychaster kerguelenensis, E. A. Smith, 1879 : 278, pl. 17, ûg. 2 ;
188, pl. 31, fig. 1-2, pl. 32, fig. 1 ; R. Koehlfr, 1917 : 52, pl. 6,
W. P. Sladen, 1889 : 184-
fig. 1-2-7-12.
Origines
St. 5 a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 1 c et 5, 8-1-1963, mouillage
Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 3 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est île Haute, par 1 m, 2 ex. ; st. 3 a,
29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. ; st. 21, 29-1-1963, nord île Channer, par 13 ni,
1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 5 ex.
Les 14 exemplaires sont beige clair à brun clair ; leurs dimensions se répartissent
de R = 6 à 51 mm et r = 3 à 13 mm. Ils sont tout à fait conformes à la description originale
et surtout à celle, plus précise, de Sladen (1889). Leptychasler kerguelenensis kerguelenensis
612
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
n’est connue que de deux îles subantarctiques de l’océan Indien, Marion et Kerguelen,
où elle semble commune. Koehler (1923) a décrit de la Terre de Feu Leptoptychaster men-
dosus, ramenée ensuite au rang de sous-espèce de la précédente. Les deux formes ne se dis¬
tinguent en effet que par des arcs interbrachiaux arrondis chez la forme kerguelenensis ,
au contraire anguleux chez la forme mendosus.
Famille Odontasteridae
Odontaster meridionalis (Smith)
(PI. I, A-B)
Synonymie
Astrogonium méridionale E. A. Smith, 1876 : 109.
Pentagonaster meridionalis, E. A. Smith, 1879 : 276, pl. 16, fig. 6 a.
Gnathaster meridionalis, W. P. Sladen, 1889 : 287-288, pl. 47, fig. 1-2 ; pl. 48, fig. 5-6 ; pl. 49,
fig. 11-12.
Odontaster elegans R. Koehler, 1912 : 72-77, pl. 7, fig. 5-11.
Gnathaster elegans, R. Koehler, 1920 : 227-228, pl. 41, fig. 7-8 ; pl. 71, fig. 4.
Epidontaster pentagonalis R. Koehler, 1920 : 235-236, pl. 39, fig. 3-4-8 ; pl. 41, fig. 9-11 ; pl. 71,
fig- 3 -
Odontaster meridionalis, W. K. Fisher, 1940 : 99-101.
Origines
St. 4 a, 30-XII-1962, sud-est île du Chat, roches, par 7 m, 1 ex. ; st. 5, 31-XII-1962, nord-
ouest île Mussel, vases, par 15 m, 1 ex.
Description
Les nombreuses confusions survenues dans la reconnaissance de cette espèce, comme
l’illustre l’abondante synonymie ci-dessus, nécessitent une description succincte de nos
deux exemplaires.
Ceux-ci, de couleur beige clair, sont de taille voisine : R = 48 et 50 mm, r = 18 et
20 mm. Les dimensions du disque sont donc importantes, alors que les bras, élargis à leur
base, vont en s’amincissant régulièrement. Les faces dorsale et ventrale sont légèrement
convexes. La face dorsale est couverte de paxilles très rapprochées les unes des autres et
disposées sans ordre sauf sur les bords des bras où l’on peut distinguer des rangées trans¬
versales et 5 à 6 rangées longitudinales. Chaque paxille est constituée d’une tige assez
courte portant 8 à 20 piquants d’environ même longueur, légèrement renflés à leur extré¬
mité, et portant de petites dents. Le nombre de piquants par paxille varie suivant la loca¬
lisation de celles-ci : de 12 à 20 et, en moyenne, de 18 au centre du disque, d’une dizaine
vers la périphérie de celui-ci, le long des arcs interbrachiaux ; enfin, parfois, de seulement
4 à 5 à l’extrémité des bras. Les plaques squelettiques de la face ventrale sont visibles,
portant de 12 à 15 piquants de petite taille vers le centre du disque çt seulement 6 à sa
périphérie. Ces piquants sont grêles, faiblement denticulés à l’extrémité. Les plaques margi¬
nales dorsales et ventrales sont bien visibles, les dorsales presque carrées, les ventrales plus
ÉCHINODERMES RÉCOLTÉS AUX ÎLES KERGUELEN
613
hautes que larges, débordant un peu du côté dorsal. Elles sont en correspondance et au
nombre d’une vingtaine le long de chaque côté d’un bras. Les plaques marginales dorsales
portent une soixantaine de piquants d’une longueur voisine de celle des paxilles tandis
que les ventrales sont ornées d’une cinquantaine de piquants seulement, un peu plus longs
et souvent acuminés. La plaque madréporique, bien visible, est située à nu-distance du
centre et du bord du disque. Il n’existe pas de piquants adambulacraires. Les piquants subam-
bulacraires sont au nombre de 7 à 8 ; les deux plus internes sont dirigés obliquement vers
le sillon ambulacraire, légèrement aplatis et à extrémité arrondie, puis 3 à 4 immédiatement
en arrière, d’une longueur voisine mais plus cylindriques, enfin 2 à 3 piquants externes
cylindriques, plus courts et qui pourraient se confondre avec les premiers piquants actinaux.
L’ensemble de ces piquants subambulacraires est grossièrement aligné en deux rangées.
Les mâchoires portent, sur leurs bords libres, 5 à 6 piquants de même longueur que les deux
piquants subambulacraires mais plus cylindriques. La forte épine dentaire est entourée
en arrière de 2 à 4 paires de piquants internes, la plus externe constituée de piquants forts,
légèrement aplatis et pointus.
Clark (1962) distingue la couple d’espèces O. meridionalis-O. validus des autres espèces
du genre Odontaster, notamment par des plaques marginales invisibles en vue dorsale, et
ces deux espèces entre elles par le nombre de piquants portés par les paxilles : de 20 à 30
chez O. meridionalis, une douzaine chez O. validus. Les plaques marginales dorsales de nos
deux exemplaires sont très nettes, comme les ont décrites et figurées Smith (1879), Sla-
den (1889) et Koehler (1912, 1920). Quant au nombre de piquants par paxille, il varie
suivant la localisation de celles-ci sur la face dorsale du disque comme l’ont également
souligné certains auteurs, la moyenne au centre du disque étant de 18. L’ensemble des
plaques marginales d’O. validus est très dilficile à distinguer et les paxilles centraux de cette
espèce portent 12 piquants au maximum.
Ces deux espèces sont antarctiques, circumpolaires, entre 0 et 650 m de profondeur.
Dans le subantarctique, elles ont été récoltées toutes les deux en Géorgie du sud, O. validus
également à l’île Bouvet, O. meridionalis aux îles Marion et Kerguelen.
Acodontaster elongatus elongatus (Sladen)
Synonymie
Gnathaster elongatus W. P. Sladen, 1889 : 288-292, pl. 19, fig. 5-6 ; pl. 48, fig. 1-4 ; pl. 49, fig. 5-
10 .
Acodontaster elongatus, A. E. Verrill, 1899 : 204.
Origine
St. 17, 23-1-1963, sud-est île du Chat par 10 m, 1 ex.
Cet unique exemplaire, beige clair, de grande taille (R = 72 mm, r = 29 mm), est
parfaitement conforme à la description originale. Cette nouvelle signalisation semble la
première depuis la découverte de l’espèce par le « Challenger » aux îles Kerguelen, Marion,
Heard et Palmer, entre 91 et 600 m, profondeurs donc nettement plus importantes. Une
sous-espèce a été décrite par Koehler (1912) de la région magellane, caractérisée par des
bras très courts et une forme pentagonale du corps.
614
GUSTAVE CHERBONNIER ET AL4IN GUILI.E
Famille Ganeriidae
Perknaster fuscus Sladen
(PI. II, J)
Synonymie
Perknaster fuscus W. P. Sladen, 1889 : 551-552, p). 62, fig. 1 ; pl. 97, fig. 3-4; W. K. Fisher, 1940 :
136-137, pl. 5, fig. 1, pl. 6, fig. 1 ; A. M. Clark, 1962 : 30-31, text-fig. 3 a-e, pl. 1, fig. 4-5.
Cribellopsis rallieri R. Koehler, 1917 : 37-40, pl. 5, lig. 6-10.
Origines
St. 13 a, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 ni,
1 ex. + 4 jeunes.
Les deux exemplaires adultes ont les dimensions respectives suivantes : R = 36 et
45 mm, r = 10 et 11 mm ; le plus grand est brun foncé, l’autre beige ; les quatre jeunes
ont un grand rayon inférieur à 4 mm.
Koehler (1917) a décrit de Kerguelen Cribellopsis rallieri dont Fisher (1940) a mis
le genre en synonymie avec Perknaster Sladen, et Clark (1962) l’espèce avec P. fuscus.
Koehler justifiait les créations de ce genre et de cette espèce nouvelle par la présence
de papules actinales et de deux piquants adambulacraires. Chez nos deux exemplaires
adultes, comme dans la description originale, des papules ne sont présentes que sur la face
dorsale du disque et des bras ainsi qu’entre les plaques marginales ventrales. Les plaques
adambulacraires portent, dans leur grande majorité, trois piquants disposés obliquement.
Le premier, interne, décalé par rapport aux deux suivants, est le plus grand, aplati, à l’extré¬
mité élargie et tronquée. Il est suivi de deux piquants subcylindriques de taille décrois¬
sante, à l’extrémité arrondie, ornée d’aspérités. Le piquant le plus externe est parfois dédou¬
blé.
A ces différences près, nos exemplaires sont parfaitement conformes à la description
de Cribellopsos rallieri et aux remarques de Clark (1962) sur P. fuscus. Ces exemplaires
diffèrent cependant entre eux par la forme des piquants adambulacraires. Chez l’exemplaire
le plus grand (pl. II, J) le piquant le plus interne est remarquable par son développement,
fort, très aplati et élargi à l’extrémité. Il est suivi de deux piquants de taille nettement
décroissante. L’exemplaire plus petit possède des piquants adambulacraires plus élancés,
dont la taille et la forme sont plus voisines, le piquant interne restant cependant plus aplati
et tronqué. L’ensemble de tous les autres caractères morphologiques est semblable et cette
différence dans la structure ambulacraire doit sans doute être liée au développement et
à la taille des individus. Fisher (1940) a déjà souligné de telles variations à propos de
Perknaster antarcticus Koehler qu’il considérait d’ailleurs comme une sous-espèce de P.
fuscus, à tort selon Clark (1962). Ce problème semble mériter un nouvel examen attentif
d’échantillons de différentes tailles de ces deux formes, provenant de leurs différentes loca
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
615
lisations connues. Ces deux espèces semblent en effet présenter un certain polymorphisme
convergent, faisant douter de la validité de leur séparation.
P. fuscus a été récoltée aux îles Kerguelen et Heard entre 45 et 137 m de profondeur ;
P. nntarcticus est antarctique, des quadrants Weddell, Victoria et Ross, entre 11 et 457 m.
Famille Asterinidae
Asterina frigida Koehler
Synonymie
Asterina frigida R. Koehler, 1917 : 46-48, pl. 6, fîg. 9-11, pl. 7, fîg. 8 ; F. J. Madsen, 1955 : 13 ;
A. M. Clark, 1962 : 33.
Cycethra verrucosa L. Dôderlein, 1928 : 296.
Origines
St. 2, 27-X11-1962, est île Channer, par 5 m, 1 ex. ; st. 7, 4-1-1963, nord pointe des Cormo¬
rans, par 5 m, 2 ex. ; st. 12, 12-1-1963, pointe Suzanne, par 1 à 4 m, 1 ex. ; st. 13 a, c, e, 14-1-1963,
sud-est île du Chat, par 15 m, 5 ex. ; st. 18, 23-1-1963, est île Haute, par 1 m, 6 ex. ; st. 20, 29-1-
1963, nord pointe du Harem, par 4 m, 10 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 1 ex.
Les nombreux exemplaires récoltés, brun clair, sont conformes à la description de
Koehler. Le plus grand mesure : R = 22 mm, r = 9 mm. Asterina frigida est une espèce
endémique littorale exclusive de l’archipel de Kerguelen, entre 0 et 20 m de profondeur.
Famille Poraniidae
Porania antarctica Smith
(Pl. I, C et E)
Synonymie
Porania antarctica E. A. Smith, 1876 : 108 ; H. Ludwig, 1903 : 22-24, pl. 2, fig. 18-20 ; 1905 : 51-
53, pl. 6, fig. 1 ; R. Koehler, 1920 : 178-179, pl. 33, fîg. 6-7 ; A. M. Clark, 1962 : 34-36.
Porania magellanica W. P. Sladen, 1889 : 363, pl. 59, fig. 5.
Porania glaber W. P. Sladen, 1889 : 360-362, pl. 59, fig. 1-2.
Porania spiculcita W. P. Sladen, 1889 : 362-363, pl. 59, fîg. 4.
Porania armata R. Koehler, 1917 : 43-46, pl. 7, fig. 3-4-7-12.
Porania antarctica glabra, W. K. Fisher, 1940 : 155-158.
Origines
St. 6, 3-1-1963, pointe Molloy, par 1 m, 1 ex. ; st. 13 a, sud-est île du Chat, par 15 m, 3 ex. ;
st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex.
Description
Les six exemplaires ont les dimensions suivantes (en mm) : 1 : R, 23 ; r, 10 —- 2 : R,
22 ; r, 9 — 3 : R, 17 ; r, 8 — 4 : R, 17 ; r, 7 — 5 : R, 15 ; r, 7 — 6 : R, 13 ; r, 6.
616
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN G L ILLE
Leur couleur varie du beige très clair au brun acajou, toute la collection ici décrite
ayant été conservée à sec après passage à l’alcool.
Porania antarctica est sujette à un certain polymorphisme ayant entraîné de nom¬
breuses confusions comme le montre l’importante synonymie ci-dessus. Les variations
qu’a relevées Clark (1962) portent sur la présence et le développement des tubercules
abactinaux (caractère semblant dépendre de la taille des individus), sur la forme arrondie
ou anguleuse du corps, sur le développement des épines marginales et enfin sur la situation
des pores génitaux. Koehler (1917) décrit P. armata des îles Kerguelen où il cite également
P. antarctica. P. armata est caractérisée par le développement considérable des piquants
marginaux et adambulacraires, ces derniers étant au nombre de trois dans la seconde moitié
du bras, au lieu de deux proximalement. Clark remarque pourtant que l’holotype de P.
antarctica est « very similar » aux types de P. armata. Les exemplaires récoltés par Grua,
contrairement à la collection de Rallier du Baty confiée à Koehler, ont des caractères
constants conformes à la description de P. armata. Nous pensons cependant avec Clark
que les variations présentées par P. antarctica, espèce circumpolaire et eurybathe (de 4
à 2 926 m), ne peuvent justifier la création de formes distinctes, même au plan écologique.
Famille Ecihnasteiudae
Rhopiella hirsuta (Koehler)
(PI. Il, K-L)
Synonymie
Echinaster spinulifer, W. P. Sladen, 1889 : 555.
Echinasler hirsutus R. Koehler, 1920 : 113-115, pl. 12, fig. 9 ; pi. 24, fig. 6-9, pi. 46, fig. 2.
Echinaster pterastercides R. Koehler, 1920 : 115-118, pi. 16, fig. 4-5-8, pl. 25, fig. 3-5, pl. 46, fig. 3.
Rhopiella koehleri W. K. Fisher, 1930 : 160 ; 1940 : 160-162, pl. 10, lig. 1-2, fig. E 2.
Rhopiella hirsuta, A. M. Clark, 1962 : 38-39, text-fig. 4 a, b, e-i, 5 c, pl. 2, fig. 1-2.
Origines
St. 2, 27-X11-1962, est îlot Channer, par 5 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues,
par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 4 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963,
nord île Buchanan, par 15 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 1 ex.
Description
Les huit exemplaires, beige clair à brun, sont de petite taille : R, 4 à 15 mm ; r, 1,5
à 4,5 mm. Le disque est réduit, les bras se rejoignant en un angle aigu au contact de celui-
ci et allant régulièrement en s’amincissant vers leur extrémité. De nombreux piquants,
par groupes de 2 à 10, le plus souvent de 4 à 6, parfois en courtes séries rectilignes, parsè¬
ment la face dorsale. Ces piquants sont quatre fois plus longs que larges, cylindriques dans
leur première moitié, puis aplatis et denticulés. Le réseau squelettique est caché par le
tégument qui n’enrobe que la base des piquants. Une seule papule est visible dans les mailles
du réseau organisé par la disposition des piquants. Ceux-ci ne forment pas de rangées Ion-
ÉCHI1NODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
617
gitudinales nettes sur la face dorsale et les bords des bras. Du côté ventral, ces piquants
sont isolés, un peu plus longs et pointus. Les plaques ambulacraires portent un piquant
interne, court, fin dans sa première moitié, puis terminé en massue. Il est suivi de 3 à 5
piquants subambulacraires de longueur progressivement décroissante en une série trans¬
versale. Ceux-ci sont eux-mêmes immédiatement suivi d'un ou deux piquants latéraux-
ventraux. La mâchoire porte deux dents terminales échinulées et plus massives que les
piquants subambulacraires.
Clark (1962) distingue trois sous-espèces, Rhopiella hirsuta présentant un grand poly¬
morphisme dans la forme générale du corps, l’ornementation de la face dorsale et le nombre
des piquants subambulacraires. C’est en fonction de ce dernier critère que sont séparées
R. hirsuta koehleri Fisher (4 piquants subambulacraires), R. hirsuta hirsuta (Koehler) (3
piquants) et R. hirsuta kerguelensis Clark (2 piquants). Cette dernière sous-espèce n’est
connue qu’aux îles Kerguelen, à partir de deux exemplaires récoltés dans la Passe Royale,
par 51 m de profondeur, par le « Challenger ».
Le nombre de piquants subambulacraires des exemplaires en notre possession varie
en fonction de la taille de ceux-ci et de leur position le long du sillon ambulacraire. Il nous
semble donc impossible de ranger ces échantillons dans une des sous-espèces précédemment
citées et, au contraire, leur récolte pose le problème de la validité de celles-ci.
Henricia spinulifera (Smith)
Synonymie
Othilia spinulifera E. A. Smith, 1876 : 107.
Echinaster spinulifera, E. A. Smith, 1879 : 274, pl. 16, lig. 4.
Cribella simplex v. granulata R. Koehler, 1917 : 35-36, pl. 1, fig. 1, 6, 7, pl. 2, fig. 4, 5.
Henricia spinulifera, A. M. Clark, 1962 : 47, text-fig. 5 4, s, pl. 2, fig. 4, 5.
Origines
Archipel des Kerguelen, date et localisation indéterminées, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-
est île du Chat, par 15 m, 2 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex.
Les quatre exemplaires, beige clair, sont de petite taille : 1 : R, 22 ; r, 5 — 2 : R, 21 ;
r, 6 — 3 : R, 17 ; r, 4 — 4 : R, 8 ; r, 2,5.
Ils sont parfaitement conformes à la diagnose de Smith (1879), notamment par la ten¬
dance à une organisation linéaire transversale des petits piquants actinaux et marginaux
ainsi que des piquants subambulacraires, par l’absence de papules actinales et l’existence
d’un fin piquant adambulacraire légèrement recourbé.
Henricia spinulifera n’a été récoltée qu’à Kerguelen entre 0 et 90 m de profondeur.
Famille Pterasteridae
Pteraster affinis lebruni Perrier
(Pl. I, F-G)
Synonymie
Pteraster lebruni E. Perrier, 1891 : 144, pl. 13, fig. 4 a, b ; H. Ludwig, 1903 : 29. pl. 3, fig. 25-28 ;
W. K. F[sheh, 1940 : 194-196.
303, 3
618
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
Pteraster affinis lebruni, A. M. Clark, 1962 : 58-63, text-fig. 10 c-e.
Origines
St. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 1 ex. ; st. 1 c, 8-1-1963, mouillage
Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 1 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 2 ex. ;
st. 21, 29-1-1963, nord île Channer, par 13 m, 1 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex.
Description
Les 7 exemplaires, beige clair à brun, ont les dimensions suivantes (en mm) : 1 : R,
32 ; r, 11 — 2 : R, 28 ; r, 9 — 3 : R, 23 ; r, 8 — 4 : R, 23 ; r, 8 — 5 : R, 13 ; r, 6 — 6 : R,
9 ; r, 4 — 7 : R, 8,5 ; r, 4.
La face dorsale du disque est nettement convexe, les bras bien individualisés se raccor¬
dent au disque en un angle arrondi. Les paxilles dorsales ont une tige assez courte égale
au quart de la longueur des piquants. Ceux-ci sont au nombre de quatre par paxille, nombre
pouvant être réduit à trois vers l’extrémité des liras. Ces piquants sont cylindriques, très
allongés (de 1,8 à 2,4 mm chez les quatre plus grands exemplaires). Ils percent le tégument
aux 3/4 de leur longueur et ont un sommet émoussé. Le tégument contient de nombreux
petits spiculés de forme irrégulière mais toujours hérissés d’aspérités. Il est également percé
d’oscules dont le diamètre est environ le double de celui des piquants des paxilles.
L’armature buccale comprend huit piquants reliés entre eux par une membrane trans¬
parente : deux terminaux longs, cylindriques, encadrés de part et d’autre de trois piquants
de taille et de diamètre décroissants. En arrière, deux fortes dents, libres, sont renflées
à mi-longueur et pointues à l’extrémité. Les piquants ambulacraires sont au nombre de
cinq à six. Le plus interne, parfois absent, est fin et court, le suivant beaucoup plus long,
les quatre suivants de longueur presque égale quoique légèrement décroissante. Ces piquants
sont reliés entre eux par une membrane transparente et disposés en éventail légèrement
oblique.
Les piquants ventraux-latéraux sont très allongés, dépassant le diamètre du disque
dans les arcs interbrachiaux. Ils semblent être au nombre constant de 37 par arc interbra-
chial, reliés entre eux par une membrane de même nature que celle des armatures buccale
et ambulacraire.
Clark (1962) distingue trois sous-espèces de P. affinis essentiellement en fonction
du critère de la longueur des piquants des paxilles dorsales. Aux îles Kerguelen, seule est
connue P. affinis affinis Smith caractérisée par des piquants courts, épais et opaques. Koeh-
ler (1917) cite cette forme, sans indication précise de localisation, sous deux noms diffé¬
rents : P. affinis et P. brachiatus sp. nov. Fisher (1940) placera cette nouvelle espèce,
à tort, en synonymie avec P. lebruni, après avoir observé des exemplaires de Koehler
provenant non pas de l’archipel de Kerguelen, mais de l’île Marion. Il s’agissait donc d’un
matériel différent. Les deux autres sous-espèces, P. affinis lebruni Perrier et P. affinis acu-
leatus Koehler ont été récoltées, la première dans la région magellane et à l’île Marion,
la seconde, strictement antarctique, du Kempland, à l’est de la mer de Ross. Elles possèdent
toutes deux des piquants dorsaux étroits et cylindriques et se distinguent par une base
haute et étroite des paxilles portant quatre piquants, et six à huit piquants dentaires chez
P. affinis lebruni, une base plus courte, quatre à six piquants par paxille, 5 piquants den¬
taires chez P. affinis aculeatus.
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
619
Nous rattachons donc sans hésitation nos sept exemplaires à P. affinis lebruni. Ils
correspondent en effet parfaitement aux descriptions de Perrier et Fisher et, aussi, aux
caractères distinctifs de cette sous-espèce dans la comparaison détaillée des différentes
formes de P. affinis par Clark.
Sous-familles Coscinasteriinae et Asteriinae
Diplasterias kerguelensis (Koehler)
Synonymie
Podasterias kerguelensis R. Koehler, 1917 : 24-30, pl. 4, fig. 3-4-12-13-19.
Diplasterias kerguelensis, W. K. Fisher, 1930 : 231.
Origines
St. 13 a, 14-1-1963, sud-est Ile du Chat, par 15 m, 1 ex.
La récolte de cette espèce est la première depuis sa description par Koeiiler, d'après
deux exemplaires littoraux de plus petite taille (R — 13 et 20 mm) également de l'archipel
de Kerguelen. Notre échantillon correspond étroitement à la diagnose originale. De couleur
brune, le réseau squelettique blanchâtre sur la face dorsale, ses dimensions sont les suivantes :
R = 24 mm, r = 6 mm.
Diplasterias meridionalis (Perrier)
Synonymie
Astarias meridionalis E. Perrier, 1875 : 340.
Asterias mollis E. Perrier, 1891 : 7 ; T. Stuber, 1877 : 457.
Asterias studeri T. Studer, 1884 : 8-9, pl. 1, fig. 1.
Podasterias meridionalis, R. Koehler, 1917 : 20-24, pl. 2, fig. 11-12, pl. 3, fig. 1-2, 4-7, pl. 6, fig. 8,
pl. 7, fig. 9.
Diplasterias meridionalis, W. K. Fisher, 1940 : 251-252, pl. 21, fig. 4, pl. 22, fig. 1.
Origines
St. 2, 8, 10, 27-XII-1962, 7 et 9-1-1963, nord îlot Channer, par 1 à 7 m, 4 ex. + 76 jeunes ;
st. 5, 31-XII-1962, nord-ouest île Mussel, par 5 à 15 m, vases, 3 ex. ; st. 17, 23-1-1963, sud-est
île du Chat, par 10 m, 1 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex.
Tous les exemplaires récoltés possèdent six bras et sont de couleur brun clair à brun
acajou. Parmi les neuf exemplaires adultes, quatre sont de grande taille comme le montrent
les mensurations suivantes (en mm) : 1 : R, 197 ; r, 42 — 2 : R, 187 ; r, 53 — 3 : R, 162 ;
r, 37 — 4 : R, 137 ; r, 35 — 5 : R, 79 ; r, 15 — 6 : R, 64 ; r, 13 — 7 : R, 63 ; r, 13 — 8 :
R, 50 ; r : 11 — 9 : R, 45 ; r, 9.
Le diamètre du plus grand rayon des 76 jeunes récoltés dans la station 10, au nord
de Pilot Channer, ne dépasse pas 4 mm.
Diplasterias meridionalis est connue en Géorgie du sud, aux îles Marion et Kerguelen,
620
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
entre 0 et 234 m de profondeur. La présente collection montre, comme Koehler l’avait
déjà souligné, que cette espèce est beaucoup plus commune aux îles Kerguelen que D.
kerguelensis.
Smilasterias scalprifera (Sladen)
(PI. II, H-I)
Synonymie
Asterias scalprifera W. P. Sladen, 1889 : 578-579, pl. 100, fig. 4-6, pl. 103, fig. 1-2.
Smilasterias scalprifera, W. K. Fisher, 1930 : 239.
Origine
Kerguelen, date et localisation indéterminées, 1 ex.
Description
L’unique exemplaire, de couleur beige clair, a les dimensions suivantes : R, 77 mm ;
r, 12 mm. Le disque est donc réduit, convexe, les bras, de section plus ou moins triangulaire,
sont renflés juste avant leur insertion au disque, les arcs interbrachiaux en angle aigu.
Les plaques abactinales portent de nombreux piquants très courts, à sommet arrondi
et renflé, hérissé d’aspérités. Ces plaques sont rangées en séries transversales régulières
sur les bras. On ne distingue pas de séries longitudinales. Entre les piquants sont dispersés
des pédicellaires croisés également nombreux. Une ou deux papules, exceptionnellement
trois, sont présentes dans les mailles du réseau squelettique abactinal.
Les cinq premières plaques ambulacraires portent deux piquants adambulacraires,
allongés, subcylindriques. Ceux-ci sont ensuite au nombre de trois presque jusqu’à l’extré¬
mité du bras. Ils deviennent progressivement aplatis, élargis, tronqués à leur sommet,
subégaux, l’interne cependant légèrement plus long et moins élargi. Aux plaques ambula¬
craires font suite, obliquement, à 60° par rapport au sillon ambulacraire et décalées, deux
plaques actinales (ou inféromarginales ?). Celles-ci portent des piquants de même type
que les piquants ambulacraires mais encore plus élargis, disposés en éventail et un peu
plus courts. Ces piquants sont en nombre variable suivant leur position le long du bras.
Proximalement, la première plaque porte deux de ces piquants, la suivante trois. Rapide¬
ment ces plaques portent respectivement trois, et quatre à sept piquants, nombres qui
diminuent vers l’extrémité du bras où la plaque actinale interne disparaît. Aux piquants
adambulacraires et actinaux sont associés de nombreux pédicellaires droits, certains de
grande taille situés dans le sillon ambulacraire. Le madréporite est situé au bord du
disque, dans un angle interbrachial, difficilement visible, arrondi, de diamètre réduit,
entouré d’une rangée très serrée de petits piquants abactinaux.
Fisher (1940) et Clark (1962) s’accordent pour caractériser S. scalprifera par rapport
aux autres espèces du même genre par la présence de plaques actinales munies de piquants
semblables aux piquants adambulacraires, ces derniers étant au nombre de trois ou quatre.
Ces plaques actinales seraient présentes sur au moins la moitié de la longueur du bras.
Fisher précise que chaque plaque actinale ne porte qu’un piquant et que ceux-ci sont
au nombre de quatre à sept suivant leur position le long du bras. Dans sa description ori-
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN 621
ginale, Sladen ne précise pas que ces plaques disparaissent dans la seconde partie du bras
mais indique que chacune d’entre elles porte quatre piquants. Cependant, il ligure un détail
du sillon ambulacraire où l’on peut remarquer la présence de cinq à six piquants actinaux
en deux rangées, donc, semble-t-il, portés par deux plaques comme nous les avons décrites.
Deux différences doivent être relevées par rapport à notre propre description : Sladen
décrit et figure des piquants abactinaux courts et arrondis alors que ceux de notre exem¬
plaire sont en outre renflés à leur sommet et munis de petites aspérités ; Sladen note par
ailleurs la présence d’un premier piquant marginal ventral, succédant donc immédiatement
aux piquants adambulacraires et actinaux, de même type que ceux-ci mais de taille beau¬
coup plus réduite. Nous ne l’avons pas observé.
Smilasterias scalprifera n’était pas connue aux îles Kerguelen. Cette Astérie a été récol¬
tée cependant par le « Challenger » aux îles Marion et Heard, entre 90 et 135 m de profondeur,
et par Fisher, aux îles Falklands, entre 79 et 267 m.
Anasterias perrieri (Smith)
Synonymie
Asterias perrieri E. A. Smith, 1876 : 106 ; 1879 : 273, pl. 16, iig. 2 ; R. Koehler, 1911 : 26, pl. 1
fig. 1-2.
Sporasterias perrieri , R. Koehler, 1917 : 14-20, pl. 2, fig. 1-3, 6-11-13, pl. 4, fig. 14, pl. 9, fig. 3.
Pisaster antarcticus R. Koehler, 1917 : 30-33, pl. 9, fig. 5-8, 10, 17.
Anasterias perrieri, A. M. Clark, 1962 : 94-96, fig. 17 a.
Origines
St. 1, 26-XII-1962, nord-est anse du Pacha, par 0,5 m, 1 ex. ; st. 2, 8, 10, 27-X1I-1962, 7 et
9-1-1963, îlot Channer, par 1 à 7 m, 5 ex. ; st. 5, 31-XI1-1962, nord-ouest île Mussel, par 5 à 15 m,
vases, 1 ex. ; st. 6, 3-1-1963, pointe Molloy, par 1 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 17, 4 c, 14-1-1963, 23-1-1963,
30-XII-1962, sud-est île du Chat, par 10 à 25 m, 5 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Ruchanan,
par 15 m, 3 ex. ; st. 3 a, 29-XII-1962, mouillage du Camp, par 25 m, 1 ex. ; st. 20 a, 29-1-1963,
nord pointe du Harem, par 1 à 4 m, 3 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 2 ex.
Les 22 exemplaires, de couleur beige clair à brun, se répartissent dans les limites sui¬
vantes de taille : R = 5 à 83 mm, r = 2 à 20 mm, la majorité d’entre eux ayant entre 20
et 45 mm pour le plus grand rayon, 6 à 12 mm pour le petit.
Anasterias perrieri est une espèce endémique littorale, commune de l’archipel de
Kerguelen, pouvant descendre jusqu’à 200 m de profondeur.
Anasterias rupicola (Verrill)
Synonymie
Asterias rupicola A. E. Verrill, 1876 : 71-72.
Sporasterias rupicola, R. Koehler, 1917 : 9-13, pl. 4, fig. 1, 2, 8, 11, 18, 20-24.
Anasterias rupicola, A. M. Clark, 1962 : 96, text-fig. 17 b.
Origines
St. 1, 29-XII-1962, nord-est anse du Pacha, par 0,5 m, 2 ex. ; st. 6, 3-1-1963, pointe Molloy,
622
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
par 1 m, 2 ex. ; st. 12, 12-1-1963, points Suzanne, par 1 à 4 m, 2 ex. ; st. 13 a, 14-1-1963, sud-est
île du Chat, par 15 m, 2 ex. ; st. 16 a, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 1 ex. ; st. 20 b, 29-1-
1963, nord points du Harem, par 4 m, 2 ex. ; Kerguelen, date et localisation indéterminées, 5 ex.
Les 13 exemplaires, brun clair, sont pour la plupart de taille voisine : 1 : H, 64 ; r,
14 — 2 : R, 49 ; r, 13 — 3 : R, 48 ; r, 12 — 4 : R, 47 ; r, 16 — 5 : R, 45 ; r, 10 — 6 : R,
43 ; r, 13 — 7 : R, 40 ; r, 11 — 8 : R, 40 ; r, 10 — 9 : R, 39 ; r, 12 — 10 : R, 32 ; r, 9 — 11 :
R, 28 ; r, 5 — 12 : R, 19 ; r, 6 — 13 : R, 19 ; r, 5.
Anasterias rupicola n’est connue jusqu’à présent que du littoral des îles Crozet et Ker¬
guelen, par des profondeurs inférieures à 11 rn.
OPH1U RIDES
La collection d’Ophiures rapportées par P. Grua présente un intérêt moindre que
celle des Astéries. Elle n’est en effet constituée que de quatre espèces déjà bien connues
aux îles Kerguelen où elles sont, à des degrés divers, communes. Aucune d’entre elles ne
présente de difficultés taxonomiques. Signalons toutefois à propos de la couple d’espèces
voisines Ophiuroglypha brevispina-O. ambigua une erreur dans le mémoire synthétique de
Koehler (1917) sur les Echinodermes de l’archipel. Koehler figure les peignes radiaires,
important critère de distinction de ces deux espèces, en attribuant (pl. 7, fig. 10 et 11)
une forme carrée, massive, aux dents des peignes d'O. brevispina et, au contraire, des dents
pointues à O. ambigua. Il s’agit d’une inversion comme le prouvent les diagnoses de Ljung-
man et Lyman et les figures de ce dernier auteur.
Famille Ophiacanthidaf.
Ophiacantha vivipara Ljungman
Synonymie
Ophiacantha vivipara A. V. Ljungman, 1870:471 ; T. Lyman, 1882 : 185-186, pl. 46, fig. 7-9;
R. Koehler, 1912 : 138-142, pl. 11, fig. 1, 2, 10.
Origines
St. 1 c, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 1 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord
îlot Channer, par 7 m, 1 ex. ; st. 13 a, b, 14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 9 ex. ; st. 16 a,
18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m, 3 ex.
Cette espèce est commune de l’Antarctique littoral, ubiquiste, eurybathe de la zone
subantarctique, entre 0 et 1097 m de profondeur.
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
623
Famille Ophiubidae
Ophiuroglypha brevispina (Smith)
Synonymie
Ophioglypha brevispina E. A. Smith, 1876 : 112 ; R. Koehler, 1917 : 60-61, pl. 7, fîg. 11, pl. 8,
fig. 18.
Ophiuroglypha brevispina, M. Hertz, 1927 : 89-90, pl. 7, fig. 8, 9.
Origines
St. 1, 31-XII-1962, Port-aux-Français, vase noire, par 25 m, 2 ex. ; st. 5 a, 3-1-1963, dragage
fond d’algues, par 10 à 15 m, 8 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord îlot Channer, par 7 ni, 18 ex. ; st. 13 b,
14-1-1963, sud-est île du Chat, par 15 m, 3 ex. ; st. 16 b, 18-1-1963, nord île Buchanan, par 15 m,
1 ex. ; st. 3 a, 29-1-1963, mouillage du Camp, par 25 m, 2 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par
7 m, 1 ex.
Cette espèce est une endémique littorale, commune de l’archipel de Kerguelen, entre
9 et 219 m de profondeur.
Ophiuroglypha ambigua (Lyman)
Synonymie
Ophioglypha ambigua T. Lyman, 1882 : 54, pl. 8, fig. 4, 5 ; R. Koehler, 1917 : 59-60, pl. 7, fig. 5,
10, pl. 8, fig. 4, 5.
Ophiuroglypha ambigua, M. Hertz, 1927 : 90.
Origines
St. 4 c, 30-XII-1962, sud-est île du Chat, par 25 m, 1 ex.
Comme O. brevispina, O. ambigua est une endémique littorale de l’archipel de Ker¬
guelen, pratiquement dans les mêmes limites bathymétriques, entre 40 et 219 m de pro¬
fondeur, cependant, semble-t-il, plus rare.
Ophionotus hexactis (Smith)
Synonymie
Ophioglypha hexactis E. A. Smith, 1876 : 3.
Ophionotus hexactis, R. Koehler, 1912 : 122-125, pl. 12, fig. 1 ; 1917 : 61-62, pl. 5, fig. 15.
Origines
St. 1, 31-XII-1962, Port-aux-Français, vases, par 25 m, 1 ex. ; st. 5, 31-XII-1962, nord-ouest
île Mussel, par 5 à 15 m, 1 ex. ; st. V a, 3-1-1963, dragage fond d’algues, par 10 à 15 m, 5 ex. ; st. 1 c,
5, 8-1-1963, mouillage Port-aux-Français, par 25 à 40 m, 4 ex. ; st. 10, 9-1-1963, nord îlot Channer,
par 7 m, 29 ex. ; st. 11, 11-1-1963, presqu’île après Molloy, par 15 m, 3 ex. ; st. III a, 29-1-1963,
mouillage du Camp, par 25 m, 3 ex. ; st. 22, 31-1-1963, cap Nidder, par 7 m, 4 ex. ; Kerguelen,
date et localisation indéterminées, 2 ex.
Ophionotus hexactis est très commune, littorale, subantarctique des provinces magel-
lane et kerguéléenne, entre 0 et 137 m de profondeur.
624
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
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Manuscrit déposé le 8 mai 1974.
626
GUSTAVE CHERBONNIER ET ALAIN GUILLE
PLANCHE I
A et B, Odontaster meridionalis, faces ventrale et dorsale, X 0,8 ; C, Porania antarctica, face dorsale, X 1,1
D, Pseudopsolus macquariensis forme gruai nov., X 2 ; E, Porania antarctica , face ventrale, X 1,1
F et G, Pteraster afflnis lebruni, faces ventrale et dorsale, F : X 1 , 5 , G : X 1 , 3 .
PLANCHE I
628
GUSTAVE C11ERBONNIER ET ALAIN GUILLE
PLANCHE II
H et I, Smilasterias scalprifera, faces ventrale et dorsale, X 2 ; J, Perknaster fuscus, face ventrale d’un bras,
X 3 ; K et L, Rhopiella hirsuta, X 1,3.
ÉCHINODERMES RÉCOLTES AUX ÎLES KERGUELEN
629
PLANCHE II
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 300, mai-juin 1975, |
Zoologie 210 : 603-630.
Achevé ci imprimer le 15 octobre 1975.
Note sur la présence, dans le golfe de Guinée,
de l’Holothurie Aspidochirote Stichopus hadionotus Selenka
(= St. maculatus Greef)
par Gustave Ciierbonnier *
La validité de l’espèce décrite par Greef en 1882 sous le nom de Stichopus maculatus,
d’après quatre exemplaires récoltés à mer basse près d’un gros écueil basaltique de l’île
Rolas, Sao Thomé, n’avait jusqu’ici, faute de matériel, jamais été confirmée. En effet,
la diagnose originale est courte, assez imprécise et non accompagnée de la représentation
des spiculés. Des auteurs tels que Sluiter (1910), H. L. Clark (1922), E. Deichmann
(1930) mettent, avec doute, S. maculatus en synonymie avec S. hadionotus , de la mer des
Antilles. Un spécimen d’Holothurie, découvert dans les anciennes collections du Labora¬
toire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum, récolté non loin de
l’île Sao Thomé, et correspondant avec la description de Greef, va nous permettre de pré¬
ciser qu’il s’agit bien de S. hadionotus.
Stichopus hadionotus Selenka
(PI. I, A-C ; fig. 1, A-G ; fig. 2, H-Q)
Synonymie
Stichopus hadionotus Selenka, 1867 : 18, fig. 26.
S. haytiensis Semper, 1868 : 75, pl. 30, fig. 5.
S. mobii Semper, 1868 : 246, pl. 7, fig. 11.
S. errans Ludwig, 1875 : 97.
S. diaholi Heilprin, 1888 : 312.
S. xanthomela Heilprin, 1888 : 313.
S. maculatus Greef, 1888 : 312.
Origine : Bata, Congo (devenu Rio Muni), Pobéguin coll., 1891, 1 ex.
Description
Bien que conservé en alcool depuis plus de trois quarts de siècle, ce spécimen est en
parfait état. Il mesure 90 mm de long sur 55 mm de diamètre au milieu du corps. La face
dorsale (pl. I, A) est marron grisâtre, parcourue par des bandes transversales marron foncé,
de largeur variable ; elle est parsemée de très nombreuses taches blanc jaunâtre ; les radius
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum national d'Hisloire natu¬
relle, 55, rue de Buf/on, 75005 Paris.
GUSTAVE CHERBONNIER
Stichopus badionotus Selcnka (= S. maculalus Grec
= éch. 1 ; D, F = éch. 2 ; A, B, C. E == écli. 3.
STICHOPUS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINEE
633
dorsaux portent, chacun, deux rangées de papilles de grosseurs différentes, variant de 1,5
mm de diamètre, sans alternance régulière entre elles.
La face ventrale, bien plus claire et non marbrée, forme une sorte de sole séparée
nettement de la face dorsale par deux rangées de papilles : un rang dorsal de petites papilles
blanchâtres d’au plus 3 mm de diamètre ; un rang ventral de très grosses papilles de 5 à
7 mm de haut et de 4 mm de diamètre basal, entre lesquelles s’intercalent des papilles plus
petites (pl. I, C).
Sur la face ventrale (pl. I, B), les podia, localisés aux radius, y sont disposés sur six
à huit rangs très serrés au milieu du corps, sur quatre rangs aux extrémités. Il n’y a pas
de podia interradiaires. Les podia sont longs, filiformes, avec une petite ventouse soutenue
par un disque calcaire à très nombreuses perforations.
La bouche, ventrale, est entourée d’un cercle d’environ vingt-cinq papilles grisâtres,
plus longues mais plus minces que les papilles latérales. A l’anus, chaque radius se termine
par deux groupes de papilles, trois à quatre grosses, internes, deux à trois plus petites,
externes.
On dénombre vingt très gros tentacules grisâtres, à ampoules tentaculaires grosses
et courtes. Couronne calcaire très calcifiée, massive, à interradiales petites, triangulaires,
à radiales larges et hautes, pourvues postérieurement de deux courtes apophyses (fig. 1,
G). Une seule vésicule de Poli très grosse, d’environ 30 mm de long. Le très petit canal
hydrophore se termine par un madréporite sphérique. Gonades en deux touffes de part
et d’autre du mésentère dorsal, formées de très nombreux gros tubes plusieurs fois ramifiés.
Muscles longitudinaux bifides, très larges, épais. Poumons de la longueur du corps, portant
sur chaque branche un nombre considérable de petits tubules lui donnant un aspect che¬
velu. Rete mirabile très développé. Pas de tubes de Cuvier. Petit cloaque. Anus sans dents.
Spiculés : Les spiculés du tégument ventral sont des tourelles à disque basal ondulé,
percé d'une douzaine de trous souvent subtriangulaires, à flèche assez basse, à quatre
piliers, surmontée d’une large couronne très épineuse et perforée au centre (fig. 2, H, I) ;
de nombreuses tourelles, à disque plus large, perforé d’un cercle interne de gros trous,
d’un cercle externe de trous bien plus petits, ont leur flèche, toujours à quatre piliers,
surmontée d’une couronne encore plus épineuse, parfois presque aussi large que le disque
basal (fig. 2, J).
On retrouve les mêmes spiculés dans le tégument dorsal avec, en plus, des tourelles
deux fois plus importantes (fig. 1, B, E), des tourelles à flèche plus élancée (fig. 1, A) ou
dont les piliers présentent quelques aspérités et se terminent, non par une couronne régu¬
lière, mais par quelques épines à pointe mousse (fig. 1, C).
Les corpuscules en C sont très rares, généralement localisés à la base des papilles dor¬
sales ; ils sont un peu plus grands que la flèche des tourelles les plus communes des figures
H, 1, égaux ou plus petits que celle des tourelles A, C, E (fig. 2, B, Q).
La paroi des podia ventraux est soutenue par d’énormes plaques allongées, à larges
perforations (fig. 2, M), ou par de pseudo-bâtonnets très élargis sur une partie de leur lon¬
gueur, à bords denticulés (fig. 2, N). En revanche, on ne trouve, dans les papilles dorsales
et latérales, que de rares bâtonnets non perforés (fig. 2, O). Ceux des tentacules, également
non perforés, ont leurs bords très denticulés (fig. 1, D, F).
STICHOPTTS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINÉE
635
Observations
La description ci-dessus correspond à celles de Greef pour S. maculatus et des auteurs
pour 5. badionotus : même disposition des podia ventraux, des papilles latérales et dorsales,
même pigmentation sinon même couleur, vésicule de Poli et canal hydrophore uniques,
poumons chevelus, rete mirabile très développé. En ce qui concerne les spiculés, l’unique
figure de Selenka est tellement rudimentaire qu’il est difficile de s’y reporter ; ce n’est
qu’en 1922 que H. L. Clark, étudiant de très nombreux exemplaires, dont les syntypes
de Sei.enka, en donne une bonne figurai ion ; il note en passant que, chez les exemplaires
de Selenka, et contrairement aux affirmations de celui-ci, il existe bien fies corpuscules
en C ; Deichmann (1930) signale d’ailleurs que ces spiculés sont parfois si rares chez cer¬
tains exemplaires qu’ils peuvent passer inaperçus, alors qu'ils abondent chez d’autres.
Ayant, pour ma part, examiné six exemplaires de S. badionotus de la mer des Antilles,
j’ai pu constater la parfaite concordance de la forme des spiculés chez S. maculatus et 5.
badionotus, sauf ceux représentés sur la figure 1, B, E, qui ne semblent pas exister chez
celui-ci ; à part cette absence, peut-être fortuite, l’ensemble des critères permet d’affirmer
que S. maculatus doit entrer en synonymie avec S. badionotus, dont la répartition géogra¬
phique s’établit comme suit : mer des Antilles, golfe du Mexique, Floride, Bermudes, golfe
de Guinée.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Clark, H. L., 1922. — The Holothurians of the genus Stichopus. Bull. Mus. Comp. Zocl. Haro.,
65 3) : 39-74, 2 pl.
Deichmann, E., 1930. — The Holothurians of the Western Part of the Atlantic Océan. Ibid.,
71 3) : 43-226, 24 pl.
Greef, R., 1882. — Eehinodermen beobachtet auf einer Reise nacli der Guinea Insel Sao Tomé.
Zool. An;.., 5 (107) : 156-159.
Hf.ilphin, A.. 1888. — Contribution to the Natural History of the Bermuda Jslands. Proc. Acad,
nul. Sc.L Philad., 40 : 302-328.
Ludwig, H., 1875. — Beitràge zur Kenntniss der Holothurien. Arli. Zoôl. Inst. Wurzburg, 2 (2) :
77-118, pl. 6-7.
Selenka, E., 1867. — Beitriige zur Anatomie und systematik der Holothurien. Z. triss. Zcol.,
17 : 291-374, pl. 17-20.
Semper, C., 1868. — Reisen im Archipel der Philippinen. II. W’iss. Rcs., 1, Holothurien : 1-228,
pl. 1-40.
Sluiter, (',. Ph., 1910. —Westindische Holothurien, Erg. Zool. Forsehungsreise nach West-Indien
von Kukenthal U.R. Hartmeyer. Zool. Jb. f. Anal. u. Syst., suppl. 11 (2) : 331-341.
Tiiéel, 11 j., 1886. — Report on lhe Holothurioidca. Voyage of H.M.S. «Challenger», Zool. pari. II :
1-290, 16 pl.
Manuscrit dépose le 8 mai 1974.
636
GUSTAVE CHERBONNIER
PLANCHE
Stichopus badionotus Selenka (= S. maculatus Greef). A : face dorsale ; B : face ventrale ; C : vue latérale.
X 3/4.
STICHOPUS BADIONOTUS DANS LE GOLFE DE GUINEE
637
PLANCHE I
Achevé d’imprimer le 15 octobre 1975.
Sur la présence, à Madagascar,
de l’Astérie Mithrodia gigas Mortensen
par Gustave Cherbonnier *
Résumé. — La découverte de Mithrodia gigas au sud de Madagascar élargit l’aire de répar¬
tition de cette espèce, connue jusqu’ici par un seul spécimen des côtes sud-africaines. De nouvelles
observations complètent la diagnose de l’holotype.
Abstract. — The species Mithrodia gigas, until now, known by a single specimen, from
south-african coats. New observations aeliieve the diagnosis of holotype.
En 1935, Mortensen décrivait une Astérie géante, Mithrodia gigas n. sp., d’après
un unique exemplaire récolté sur les côtes sud-africaines, à Point Morgan, East London,
sur des fonds pierreux, par 45-55 m de profondeur ; l’animal était accroché à l’appât d’une
ligne de pêche. Depuis, malgré sa taille, cette espèce n’avait jamais été retrouvée. Le spéci¬
men de Madagascar présentant des particularités non signalées par Mortensen, il m’a
semblé utile de le redécrire complètement.
Mithrodia gigas Mortensen
(Fig. 1, A-1I ; pl. I, A-B ; II, C-E)
Synonymie
Mithrodia gigas Mortensen, 1935 : 1-4, pl. 1 ; Engel, John et Cherbonnier, 1948 : 37.
Origine : Madagascar, sud de Tuléar, 25°45'S-44°34'E, chalutage 50 m, fonds d’algues et
de blocs coralligènes, Plante coll., 5-111-1969, 1 ex.
Description
L’unique exemplaire est de très grande taille ; les cinq bras, quelque peu inégaux,
mesurent de 200 à 230 mm de long ; le diamètre du disque n’excède pas 30 mm. Le corps
entier est couvert d’une peau, plus épaisse dorsalement que ventralement, contenant de
très nombreux petits piquants qui en émergent par leur pointe effilée (pl. I, A).
Les bras, très bombés dorsalement, légèrement aplatis ventralement, ont une largeur
variant proximalement de 45 à 50 mm ; ils s’amincissent très progressivement et leur lar¬
geur n’est plus que de 30 mm à proximité de la partie distale qui s’effile légèrement pour
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d'Histoire naturelle,
55, rue de Buffon, 75005, Paris.
640
GUSTAVE CHER H ON IN 1ER
Fig. 1. — Mithrodia gigas Mort.ensen.
A : piquants adambulacraires du début d’un bras ; B : piquants adambulacraires des 3/4 postérieurs d’un
bras ; C : piquant subambulacraire ; D : armature buccale ; E, F : pédicellaires ; G : réseau calcaire
partiellement dénudé, et aires porifères ; H : piquants de la face dorsale brachiale. A-D, G, H = éch. 1 ;
E, F : éch. 2.
se terminer par une assez grosse plaque impaire ; le diamètre moyen des bras est d’environ
35 mm ; leur face dorsale porte de très nombreux petits granules de 1 à 2,5 mm de diamètre,
ronds à subcylindriques, couverts de squamules lancéolées de taille décroissante du sommet
à la base du granule (fig. 1, H ; pi. II, D). A l’extrémité des bras, ces granules deviennent
brusquement plus serrés et plus gros, mesurant jusqu’à 5 mm de diamètre ; ils sont alors
plus aplatis, et leur sommet s’orne parfois d’une petite éminence conique (fig. 1, G) ; on
retrouve ces gros granules, pareillement localisés, sur la face ventrale (pl. II, E).
Tous les granules s’élèvent au centre d’un réseau de baguettes calcaires inégales et
de formes diverses, disposées souvent en étoile (pl. II, D). Les aires populaires, aussi bien
dorsales que ventrales, sont incluses entre les mailles de ce réseau ; elles sont disposées sans
MITHRODIA GIGAS À MADAGASCAR
641
ordre régulier, bien séparées et triangulaires, ou confluentes, sans formes bien définies (fig.
1, G).
Les petits granules deviennent plus nombreux et serrés sur les faces latérales des bras
(pl. II, C), surtout sur la face ventrale où ils s’allongent progressivement, deviennent cylin¬
driques, pour atteindre leur plus grande taille chez les piquants subambulacraires — un
seul par plaque — qui mesurent 6 mm de long sur 2 mm de diamètre, et dont les squamules
supérieures se transforment rapidement en granules serrés (fig. 1, C).
Les piquants subambulacraires forment une bordure très nette tout le long de la gout¬
tière du bras (pl. I, B) ; ils s’inclinent au-dessus des podia, cachant ainsi les piquants adam-
bulacraires. Ceux-ci forment des peignes en arc de cercle. Chaque peigne du début des bras
se compose de 11 piquants de taille croissante depuis le plus externe, très petit et pointu,
jusqu’au médian, très large, à sommet pourvu de granules disposés en grappe (fig. 1, A) ;
à l'extrémité des bras, chaque peigne n’a plus que 6 à 8 piquants dont le médian s’orne d’un
bouquet terminal de granules qui s’incurve et s’incline vers l’intérieur du sillon ambula-
craire, comme le ferait un poing fermé au-dessus du poignet (fig. 1, B). Les piquants de tous
les peignes sont recouverts d’une membrane sur les deux tiers de leur longueur à partir
de la base.
Des pédicellaires se trouvent parfois à la base de la face interne des piquants subam¬
bulacraires ; ils sont formés soit de 5 à 6 piquants droits, dressés parallèlement (fig. 1, E),
soit de 4 à 5 piquants légèrement incurvés, formant une sorte de pince (fig. 1, F). Il n’existe
aucun autre pédicellaire sur le reste du corps.
L’armature buccale se compose de piquants de même forme et de même taille que les
piquants subambulacraires, mais revêtus de fortes squamules. Le deuxième piquant che¬
vauche le plus interne ; ils sont suivis par deux piquants accolés, puis par quatre piquants
disposés sur une même ligne transversale (fig. 1, D).
Le madréporite, de 5 mm de diamètre, est situé à peu près à égale distance du centre
et du bord du disque, mais n’est pas recouvert par les granules qui l’entourent.
Rapports et différences
Le genre Mithrodia renferme actuellement cinq espèces : M. clavigera (Lamarck),
répandue dans tout l’Indo-Pacifique, caractérisée par de longues épines, pointues à cylin¬
driques, la plupart formant une double bordure sur le côté des bras ; M. victoriae Bell,
des côtes brésiliennes, ne différant de clavigera que par des piquants actinaux moins nom¬
breux et plus irrégulièrement disposés, n’en est peut-être qu’une race géographique ; M.
bradleyi Verrill, des côtes ouest d’Amérique centrale, à mailles du réseau calcaire bien plus
petites que celles de deux espèces précédentes, est pourvue de nombreux pédicellaires situés
sur le bord externe des plaques adambulacraires et dans les aires papulaires dorsales ;
M. fisheri lîolly, des îles Llawaii, Philippines et Indonésiennes, forme trapue à bras cylin¬
driques effilés au sommet, à courtes épines coniques à pointe mousse, à réseau calcaire
constitué de mailles très denses et dont les aires papulaires sont généralement cachées par
une tuberculation très fournie. C’est surtout des grands exemplaires de cette dernière espèce
(R = 250 mm) que se rapproche le plus M. gigas, sans pourtant lui être identique.
642
GUSTAVE CHERBONNIER
L’exemplaire de Madagascar est entièrement décoloré. Celui de Mortensen avait,
sur le vivant, la face dorsale rose pourpre avec l’extrémité des bras rouge cannelle, la face
ventrale jaune pâle, les podia blanchâtres.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Engel, H., H. Dilwyn John et G. Cherbonnier, 1948. — The genus Mithrodia Gray, 1840.
Zool. Verhandel. Rijksmus. Natuurl. Histor. Leiden, 2 : 3-37, 12 fi g., 8 pl.
Mortensen, Th., 1935. — A new giant Sea-star, Mithrodia gigas n. sp., from South Africa. Ann.
South Afric. Mus., 32 : 1-4, 1 pl.
Manuscrit déposé le 23 octobre 1974.
PLANCHE I
Mithrodia gigas Mortensen. A : face dorsale partielle, avec un bras retourné exposant sa face ventrale ;
B : partie proximale de la face ventrale d’un bras.
A = X 1 /3 ; B = grandeur nature.
PLANCHE I
644
GUSTAVE CHERBONIVIER
PLANCHE II
Mithrodia gigas Mortensen. C : partie proximale de la face latérale d'un bras ; D : extrémité dorsale d’un
bras montrant la disposition des gros granules ; E : extrémité latérale d’un bras, montrant à la fois
les gros granules dorsaux et ventraux.
C-E — grandeur nature.
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PLANCHE II
IMPRIMERIE
Achevé d'imprimer le 15 octobre 1975 .
NATIONALE
5 564 002 5
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Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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